métalogos

Mise en abîme et déréalisme

11 octobre 2006

Remerciements

Il est coutumier sous cette rubrique de remercier sa famille et le cercle de ces proches pour leur longanimité ou leur enthousiasme durant une longue période de travail souvent obsessionnel.
Mais pourquoi le faire dans les premières pages d’un ouvrage, si ce n’est par hypocrisie ? Car quel choix leur était il laissé.
J’attendrai donc d’avoir terminé cette « Œuvre » pour gratifier d’une dédicace ceux et celles de mes proches qui auront supporté, sans acrimonie, mes absences ainsi que mes écarts d’humeur dans l’accomplissement de cette lourde tâche.

La liste se raccourcie de jour en jour….

Posté par metalogos à 07:34 AM - Centon - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 octobre 2006

J’ai RAMé jusqu’à vous.

Je me nourri, depuis sa naissance, du flux informationnel que délivrent les algorithmes binaires, de l’iridescente lueur des pixels excités. Rivé à ces PC de fortunes assemblés à la main autour d’un processeur taiwanais qui, à grand renfort de disques souples, délivraient en noir et blanc des textes ankylosés dans des polices basiques, des tracés vectoriels rigides sur des écrans éléphantesques.
Il m’a fallu passer par les processeurs poussifs qui branlaient sous les applications patchées, les  Addenda additivés, les périphériques qui souhaitaient le rester refusant de faire partie du système, les plug and bog, les extensions mémorielles au bord de l’amnésie et le flux catarrheux du réseau naissant pour arriver jusqu’à vous.

Posté par metalogos à 10:00 PM - Centon - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 septembre 2006

Mon avenir est tout tracé.

J’ai passé la nuit à regarder mon avenir sous toutes les coutures. J’ai appris que la position de mon corps ne s’appellera plus « à plat dos » mais « décubitus dorsal », et qu’elle expliquera les lividités cadavériques de mon dos et de mes jambes. J’ai aussi appris que la raideur de mes membres serait due à une concentration d’ion calcium, que la taie blanchâtre couvrant mes yeux et la sécheresse de ma peau seraient toutes deux dues à la déshydratation, que la tâche verte qui marquera mon estomac sera la conséquence de la décomposition de l’hémoglobine en verdhémoglobine.

J’ai enfin tout compris des sécrétions posthumes que provoque la putréfaction.

Posté par metalogos à 10:21 PM - Centon - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 septembre 2006

Je hante ces lieux

Comme d’habitude, après une nuit sur le net, je me suis retrouvé assis sur ma natte pelée, aussi raide que d’habitude, aussi transis de froid, dans l’habituelle pénombre de mon existence où le noir n’est qu’un gris délavé et le blanc fait sale. Assis au milieu d’une flaque de jour froide, je me suis cherché une identité ; celle du cadre dirigeant m’allait comme un hochet à une charogne. Alors j’en ai choisi une autre….

….J’ai trouvé ma voie, non seulement je me sens à l’aise sur le réseau, mais je préfère me promener parmi les données brutes que parmi leurs avatars matériels, j’ai en plus sur elles un pourvoir d’action dont je peux abuser impunément. Il ne me reste que ça, cet endroit où le corps importe peu, où être une conscience suffit pour agir, voir mal agir, avec la désinvolture d’un spectre malintentionné.

Posté par metalogos à 09:13 PM - Centon - Commentaires [30] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 août 2006

Elle a tricoté ma mémoire

Enfant j’aimais quand ma mère de retour de la cuisine, reprenait, sur ces genoux joints, les petits travaux manuels quelle faisait à temps perdu. J’aimais bien la voire travailler comme ça : elle semblait prendre place dans une infinie lignée de fileuses, tisseuses, couseuses, brodeuses et dentellières.

D’innombrables femmes, ont à travers les siècles laissé leurs yeux sur des ouvrages minutieux. Ma mère me paraissait atteindre une stature historique, celle de la femme veuve qui reprise patiemment la survie de sa famille à la lueur d’une chandelle. La chandelle était électrique mais cela ne changeait rien à la détresse alimentaire et à son inextinguible patience. L’humanité doit tout à ces parques obscures qui ont nourri leurs enfants, maille après maille, puis tiré le suaire sur leurs yeux usés tandis que le monde se chargeait de leur précieuse progéniture, transformant leurs fils en chair à canon et leurs filles en chair à soldats….tant de résignation effraie.

Posté par metalogos à 10:56 AM - Centon - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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